Il y a un peu plus d’un mois, j’ai publié un article de présentation des scanners 3D de bureau EinScan-SE & SP, après avoir assisté à l’événement de lancement dans les nouveaux bureaux de Shining 3D à Stuttgart, en Allemagne. Maintenant — après quelques semaines de tests des deux appareils — il est temps non seulement d’effectuer un test complet et approfondi en conditions réelles, mais aussi de les comparer.
Tarifs
Je souhaitais les tester simultanément car l’écart de prix est conséquent entre le SE à $1199 (le E signifie Elite) et le SP à $2299 (Platinum). Après avoir lu cet article, vous saurez donc exactement ce que vous obtenez en plus pour $1100. Vous saurez également si vous obtenez moins en achetant l’un des scanners de bureau EinScan plutôt qu’un HP Structured Light Scanner Pro S3 (a.k.a. DAVID SLS-3), dont j’ai récemment publié le test, et qui coûte environ $6950 pour le kit complet avec deux caméras et une plateforme rotative.
Et bien sûr, j’aborderai aussi la différence entre l’EinScan-SP et l’EinScan-Pro (Test), qui ressemblent désormais à des frères mais restent séparés par $3300 si vous souhaitez que ce dernier dispose également d’une plateforme rotative électrique et d’un module de numérisation couleur.
Résumé du test de l’EinScan-S original
Lorsque j’ai testé l’EinScan-S, mon verdict était que son prix très compétitif m’avait naturellement impressionné, tout comme les numérisations détaillées que ce scanner pouvait produire. En revanche, j’ai trouvé la quantité de câbles — et particulièrement l’épais câble VGA — assez pénible à installer et à utiliser. De plus, le support fourni était trop léger pour la tête du scanner, lourde dans sa partie supérieure, et pouvait facilement être déplacé accidentellement, nécessitant un réétalonnage. Enfin, au moment du test, le logiciel était manifestement insuffisamment développé en matière de stabilité et de conception de l’interface.
Coloris différents & compatibilité avec les trépieds
L’EinScan-SE (illustré à droite) et le SP (à gauche) se ressemblent beaucoup. Le SE est proposé en noir mat, dans la continuité de l’esthétique du S, tandis que le SP possède des éléments argentés brillants qui lui donnent l’apparence d’un petit EinScan-Pro. Et si le P signifie officiellement Platinum, SP pourrait aussi évoquer Small Pro (« petit Pro »).

Personnellement, je préfère la couleur noir mat. C’est subjectif et largement influencé par le fait que je suis fan de Batman (découvrez comment la numérisation 3D a servi à créer les VFX de la série télévisée Gotham, comme expliqué ici) et que tous mes autres périphériques informatiques sont noirs.
Un encombrement suffisamment réduit et un aspect suffisamment soigné pour lui réserver une place permanente sur votre bureau
Mises à part les préférences, les SP et SE ont tous deux un encombrement suffisamment réduit et un aspect suffisamment soigné pour leur réserver une place permanente sur votre bureau — surtout comparés au S original. Et vous n’avez désormais qu’un câble USB (compatible avec 2.0 et 3.0) et un câble d’alimentation qui traversent votre espace de travail ; déplacer accidentellement la tête du scanner — ce que le S faisait si vous respiriez trop fort — est maintenant presque impossible. Cela est vrai aussi bien lorsque la tête est sur son support que sur un trépied. Ce dernier est d’ailleurs fourni avec le SP, mais pas avec le SE.

Heureusement, les deux scanners disposent désormais d’un filetage standard pour trépied, afin que vous puissiez utiliser n’importe quel trépied pour plus de flexibilité. Et comme vous le verrez plus loin, vous aurez besoin d’un trépied pour numériser la plupart des objets. J’ai utilisé un trépied Manfrotto Action à $80, que je trouve personnellement un peu plus simple à utiliser (plus rapide à régler et avec un système de fixation rapide plus pratique) que le trépied fourni avec le SP. Cela dit, le trépied inclus (illustré ci-dessous) est portable et robuste.

Dernière remarque concernant le nouveau design : j’ai trouvé quelque peu gênant que les têtes de scanner, une fois dans leurs supports fixés, semblent inclinées un peu trop vers le haut. Cela permet de numériser des objets légèrement plus grands, mais pas jusqu’à la plateforme rotative. J’ai en réalité placé la plupart des modèles sur une pile de Post-it de 1cm afin de les surélever légèrement.
Logiciel & interface utilisateur
Le logiciel EinScan s’est beaucoup amélioré depuis mon test du S original. Je vais être totalement honnête : il est plus esthétique, mais ne remportera toujours aucun prix de conception d’interface. Il est toutefois fonctionnel et beaucoup plus stable, ce qui est sans doute le plus important. L’interface change selon que vous utilisez le SE (bleu clair avec des dinosaures) ou le SP (gris avec des icônes stylisées), ce qui indique clairement le public cible que Shining 3D envisage pour les deux modèles.


Ce qui me déplaît dans le logiciel, c’est qu’il s’agit essentiellement d’un ensemble de programmes entièrement distincts conçus pour ressembler à un seul. Et chaque programme séparé se charge très lentement. Non seulement les modes Fixed Scan, Auto Scan (avec la plateforme rotative électrique) et la numérisation avec ou sans textures dans les deux modes sont totalement distincts, mais vous devez également quitter chacun d’eux si vous découvrez qu’il faut réétalonner le scanner.
Il s’agit essentiellement d’un ensemble de programmes entièrement distincts
Il en va de même si vous constatez que les couleurs ne sont pas correctement capturées. Vous devrez revenir au « menu principal » et recharger le mode de numérisation, car c’est le seul moment où le logiciel demande si vous souhaitez étalonner la balance des blancs.
Les chargements intermédiaires peuvent prendre plusieurs minutes, même sur un processeur de 6e génération (i5) avec 32GB de RAM. À mon avis, ce serait une véritable amélioration de pouvoir simplement basculer entre la numérisation fixe et automatique, avec texture ou sans couleur, et effectuer les étalonnages sans quitter mon projet.
En revanche, le logiciel est plutôt stable. Je n’ai rencontré des plantages — c’est-à-dire des gels complets du système — que lorsque j’ai choisi de traiter les données de numérisation comme un maillage étanche avec le réglage de qualité le plus élevé. Les plantages survenaient toujours à 85%, mais uniquement avec quelques objets. Sinon, les cycles de traitement du logiciel sont rapides — un contraste saisissant avec les temps de démarrage. L’algorithme de recalage est particulièrement rapide — et performant. Qu’il s’agisse d’un cycle complet à 360-degrés en mode Auto (que le logiciel considère comme une seule numérisation) ou d’une numérisation distincte en mode Fixed, je n’ai rencontré pratiquement aucun problème de recalage et tout s’effectuait en quelques secondes.
L’algorithme de recalage est particulièrement rapide — et performant
Et dans le rare cas d’un défaut de recalage acceptable, il est très facile d’aider l’algorithme en sélectionnant manuellement 3 points sur les deux numérisations. Vous pouvez le voir dans l’exemple ci-dessous, où j’ai effectué deux numérisations d’une bouteille — l’une orientée vers le haut et l’autre vers le bas, avec la tête du scanner dans la même position. Le recalage automatique a orienté le haut comme le bas vers le haut, mais après avoir sélectionné ces 3 points (il m’a fallu un moment pour découvrir qu’il faut faire MAJ + clic dans les deux petites fenêtres d’affichage pour placer les points), l’alignement a été corrigé en un clin d’œil.


Le réglage de la luminosité s’est également amélioré. Un indicateur de surexposition vous aide désormais à trouver le meilleur réglage.

Configuration requise + version Mac
Selon le site web du produit, le SE nécessite une carte graphique Nvdia avec 1GB de VRAM ou plus, et le SP requiert une Nvdia GTX 660 ou supérieure avec au moins 2GB. Mon PC de test possède une toute nouvelle GTX 1070 avec 8GB de VRAM. Il est également bon de savoir que le SE requiert 8GB de RAM système classique et le SP 16GB. Mon système de test dispose de 32GB.
Mais étant donné que la plupart des ordinateurs, ordinateurs portables ou tablettes d’entrée de gamme ne possèdent pas de processeur graphique Nvidia dédié, j’étais curieux de savoir si cela était vraiment nécessaire. J’ai donc complètement désactivé ma GTX 1070 et exécuté Windows 10 sur le GPU Intel HD Graphics 530 intégré. À ma surprise, tout a parfaitement fonctionné. J’ai pu capturer, effectuer le recalage et le traitement du maillage sans différence notable de durée, de qualité ou d’expérience. La seule différence est peut-être que l’affichage du maillage à la qualité la plus élevée est un peu moins fluide, car 15.5 millions de polygones est probablement un peu trop pour un processeur graphique intégré. Mais cela n’était pas du tout gênant.
Je tiens à souligner que je n’affirme rien ici. Je voulais simplement vérifier que le logiciel EinScan fonctionnerait avec des graphiques intégrés, et c’est le cas.
Actuellement, le logiciel n’est disponible que pour Windows. Lors de l’événement Shining 3D, on m’a indiqué qu’une version Mac du logiciel était en développement, mais je ne connais pas de date de sortie.
Étalonnage (plaque) & conditions d’éclairage
Naturellement, on peut s’attendre à davantage de différences sur le SP, vendu presque deux fois plus cher. Une chose que vous ne remarquerez peut-être pas sur les photos des produits est que le SE est fourni avec une plaque d’étalonnage en carton mousse, tandis que celle fournie avec le SP est fabriquée dans un matériau très robuste, probablement de la céramique ou quelque chose de ce genre. Elle est livrée dans une pochette de protection et semble bien plus pro. Cela n’a probablement pas d’incidence sur l’étalonnage, mais je suis certain que celle en carton mousse ne durera pas des années. Elle est aussi plus sensible aux empreintes digitales et plus difficile à nettoyer.

Bien que la plaque soit maintenant plus grande et que le support (identique sur les deux modèles) soit plus solide que celui du S original, je n’apprécie toujours pas la méthode d’étalonnage de la série EinScan-S. Elle exige encore de faire pivoter la plaque dans 3 positions et le processus d’étalonnage ne comporte toujours aucune intelligence intégrée permettant de savoir si vous procédez correctement. Vous pourriez placer une pomme de terre sur la plateforme rotative et il continuerait tout de même aux étapes suivantes, avant de vous indiquer que « l’étalonnage a échoué » lors du calcul final — qui prend étonnamment longtemps.

Il peut aussi être difficile de ne pas déplacer le support de plaque d’étalonnage lors du retrait, de la rotation et de la réinstallation de la plaque — surtout avec la version en mousse plus légère fournie avec le SE. À plusieurs reprises, j’ai accidentellement déplacé le support à la deuxième ou à la troisième étape. Et comme il n’y a pas de bouton retour, j’ai dû quitter le programme d’étalonnage et attendre qu’il redémarre. Pendant ce temps, pour une raison étrange, mon capteur de profondeur RealSense SR300 monté sur l’écran (que j’utilise pour me connecter à mon PC via la reconnaissance faciale Windows Hello, mais que j’ai aussi testé pour la numérisation 3D ici) s’allume également plusieurs fois. (Je souriais à chaque fois !)
Pour obtenir des résultats optimaux, ces scanners doivent fonctionner dans l’obscurité totale
Au début, j’ai rencontré de nombreux échecs d’étalonnage sans parvenir à comprendre pourquoi. Il m’a fallu un certain temps pour réaliser que cela était dû au fait que mon bureau est bien éclairé et que l’été approche. Les scanners à lumière structurée n’apprécient pas la lumière extérieure en général, mais les SE et SP détestent littéralement la lumière. Même dans une pièce faiblement éclairée, la géométrie était capturée, mais pas la couleur. Pour obtenir des résultats optimaux, ces scanners doivent fonctionner dans l’obscurité totale. Pour ce test, j’ai effectué toutes les numérisations dans l’obscurité totale (sauf indication contraire) ; pour cela, j’ai simplement utilisé le grand carton d’expédition dans lequel mes deux scanners (eux-mêmes livrés dans de belles boîtes) ont été livrés.

Cibles codées de la plateforme rotative
Une autre différence esthétique concerne la plateforme rotative. Celle fournie avec le SP comporte des cibles codées 12-bit imprimées, semblables à celles que j’ai utilisées lors du test du logiciel de photogrammétrie Agisoft PhotoScan.

L’avantage des cibles codées est que vous pouvez déplacer la tête du scanner lorsqu’elle est sur un trépied. J’ai testé cet effet en numérisant un objet de forme très générique avec le SP, d’abord directement après l’étalonnage puis à nouveau après avoir légèrement fait pivoter le scanner. Voici le résultat sans, puis avec la fonction Coded Targets activée :


Donc oui, elles peuvent faire une différence, mais il y a un piège. J’ai découvert que cette fonction ne fonctionne qu’avec un trépied et à un angle relativement prononcé vers le bas, comme vous le voyez dans les fenêtres de caméra ci-dessus. Avec des angles plus droits, la reconnaissance devenait moins fiable, omettant parfois entièrement quelques numérisations (sans générer de message d’erreur). Et il s’agit bien sûr également d’un objet idéal, car c’est un cylindre qui se place parfaitement sur la plateforme rotative et n’occulte aucune cible. Des objets plus larges peuvent facilement les masquer.
Cela dit, à moins que vous ne prévoyiez de déplacer la caméra et d’utiliser la plateforme rotative et d’avoir des objets de forme générique, je ne pense pas que vous utiliserez souvent la fonction Coded Target. Cela tient principalement au fait que les algorithmes de recalage du logiciel sont excellents et rapides.
Voici le résultat traité en qualité « Middle ». Il provient du SP, mais le SE aurait également pu numériser cet objet avec une qualité similaire (j’y reviendrai dans un instant) — mais en deux fois plus de temps (j’y reviendrai également dans un instant)
https://sketchfab.com/models/5a54fef2dd894ea7a28b700ead98a2a3
Je trouve le résultat excellent. Le léger bruit de surface peut facilement être supprimé par lissage et/ou décimation, et je suis convaincu qu’il constituerait une excellente base pour un projet de CAO.
Marqueurs
Le SP est fourni avec un grand paquet d’autocollants marqueurs que vous pouvez placer sur les objets afin de faciliter la numérisation. Je ne les ai pas testés, car aucun de mes objets de test ne les nécessitait, mais ils seront probablement utiles pour numériser des objets techniques présentant beaucoup de symétrie ou très peu de détails de surface.
Vitesse
La vitesse constitue peut-être la plus grande différence entre les SE & SP au quotidien. Le SP est deux fois plus rapide que le SE. Une numérisation unique ne prend que 4 secondes et une numérisation automatique complète à 360° est terminée en 1 minute — 3 fois plus rapidement que l’EinScan-S original ! Gardez toutefois à l’esprit que ce dernier chiffre repose sur 8 numérisations par cycle. Cela fonctionne sur des objets très simples, mais je conseillerais généralement de régler ce nombre sur 16. J’ai réalisé tous les tests avec ce nombre et n’ai pas ressenti le besoin d’aller plus haut. Cela signifie donc 2 minutes sur le SP et 4 sur le SE. Et si vous souhaitez capturer la couleur, cela prend presque deux fois plus de temps.
Cela peut ne pas sembler être une différence importante, mais si vous souhaitez numériser beaucoup d’objets comme je l’ai fait pour mes tests, tout s’additionne. Et si vous travaillez dans un environnement de production où le temps est de l’argent, la vitesse double du SP est certainement appréciable.
Taille de numérisation
La taille de numérisation du SE est à peu près la même que celle du S original : 20x20x20 cm pour une numérisation automatique sur plateforme rotative et 70x70x70 cm pour une numérisation fixe manuelle. Pour le SP, cette dernière atteint 120x120x120 cm. Je n’ai pas testé s’il s’agit d’une limite stricte du logiciel, mais je suppose que cela est davantage lié au fait que le SP requiert 16GB de RAM au lieu de 8GB.
Gardez toutefois à l’esprit que, contrairement au HP/DAVID SLS-3, les appareils EinScan possèdent des caméras à distance fixe. Cela signifie que, même lors d’une numérisation manuelle, la distance de travail doit rester comprise entre 290 et 480 mm, et la taille d’une numérisation unique est de 200×150 mm — la moitié de la taille d’une feuille de papier de bureau. C’est petit ; vous devrez donc numériser les grands objets par segments. Si vous souhaitez principalement numériser de très grands objets, vous envisagez probablement déjà des scanners portables comme l’EinScan-Pro, mais il est appréciable d’avoir cette option pour un usage occasionnel.
Pour vérifier si cela fonctionne, j’ai tenté de numériser mon célèbre buste de 40 cm de haut. Il est bon de savoir qu’avant cela, vous devez également étalonner le scanner avec la plateforme rotative automatique à peu près au même emplacement que celui où se trouvera l’objet. Le câble USB entre la tête du scanner et la plateforme rotative ne vous permettra pas de la placer hors de portée, ce qui est plutôt pratique. Après l’étalonnage, j’ai choisi de numériser le buste sans couleur pour gagner du temps et aussi parce que je ne peux pas plonger entièrement notre studio dans l’obscurité pendant la journée.

L’ensemble du processus s’est très bien déroulé. J’ai utilisé le SP et effectué 3 cycles à différentes hauteurs, en commençant par un au niveau du visage avec environ 10 numérisations. J’ai ensuite réalisé la section inférieure avec environ 8 numérisations, suivie de la section supérieure avec 8 étapes supplémentaires. Une fois encore, j’ai constaté que l’algorithme de recalage est performant et rapide — il plaçait toujours la pièce exactement à la bonne position en quelques secondes. La dernière partie ajoutée est mise en évidence et les parties encore manquantes sont clairement visibles.

Au total, il a fallu environ 15 minutes pour numériser le buste et (seulement) 15-20 minutes supplémentaires pour le traitement étanche avec le réglage de qualité le plus élevé. Voici le résultat :
https://sketchfab.com/models/16fbd335472f45f1b20833bc7209ef41
À titre de comparaison, voici le résultat obtenu avec le SLS-3, que vous devrez passer en mode de rendu MatCap pour désactiver la texture (que ce scanner capture mieux) :
https://sketchfab.com/models/415d4c35baf64113860316b2c46d798e
Le résultat de l’EinScan-SP est très semblable à celui du SLS-3 en termes de détails géométriques — il est même plus détaillé. Mais avant de tirer des conclusions, il faut noter que j’ai traité le résultat du SLS-3 avec le réglage de qualité « 1500 » par défaut, car toute valeur supérieure (la plus élevée étant 4000) aurait soit pris extrêmement longtemps, soit bloqué le système utilisé pour ce test (qui était le HP Sprout (Test) de première génération avec seulement 8GB de RAM, ce qui n’est tout simplement pas suffisant pour ce type de tâche).
Il est également intéressant de noter que le SLS-3 peut numériser le buste en une seule numérisation (je l’ai numérisé en deux cycles de 16 numérisations depuis différents angles) sur la plateforme rotative automatique grâce à sa distance de caméra variable. C’était beaucoup plus rapide, mais cela signifie également que le résultat du SP est construit à partir de beaucoup plus de numérisations séparées, à une distance plus proche, ce qui produit naturellement une numérisation plus détaillée.
Cela dit, je reste impressionné par le fait que la numérisation manuelle d’un objet de cette taille sur une simple plateforme rotative manuelle était étonnamment réalisable avec l’EinScan-SP, que la quantité de détails est impressionnante pour un scanner de ce prix et que le temps de traitement était très utilisable à des fins professionnelles.
Précision (mise à jour)
Le test original indiquait que je ne pouvais pas distinguer visuellement les résultats du SE et du SP, et j’en avais conclu que la différence de précision ( ≤ 0.1 mm sur le SE et ≤ 0.05 mm sur le SP) était donc négligeable.
Cela reste vrai pour mes usages principalement esthétiques, mais si vous souhaitez acheter un scanner à lumière structurée à des fins de métrologie, il est bon de savoir que la spécification de précision reflète la précision de mesure des
Selon le fabricant, la spécification de précision du SP est meilleure car
- Les spécifications des composants du SP sont
différentes. - Le SP utilise une plaque d’
étalonnage plus robuste, dont la précision est certifiée par un processus rigoureux de vérification de la précision. - Le processus de fabrication et de test
de chaque SP respecte également les exigences de vérification de la précision des scanners de niveau métrologique.
Comme les deux scanners possèdent la même paire de caméras de 1.3 mégapixel, je ne comprenais pas bien comment le SP pouvait offrir une précision supérieure, mais selon Shining 3D, le « SP utilise un algorithme avancé pour assurer une meilleure précision », d’où la nécessité d’un GPU Nvidia plus puissant.
Qualité de la géométrie
J’ai déjà un peu abordé ce sujet dans la section précédente, mais je voulais réaliser la comparaison concrète avec des objets plus petits, car je pense que c’est ce que la plupart des gens numériseront avec les SE et SP.
Comme je l’ai écrit dans l’encadré ci-dessus, bien que le SP soit deux fois plus précis en matière de mesure, les utilisateurs non techniques ne remarqueront pas de différence significative dans la qualité de numérisation. J’ai testé les deux scanners dans l’obscurité totale et effectué presque systématiquement l’étalonnage avant la numérisation, afin de m’assurer de ne pas influencer les variables.
Pour effectuer la meilleure comparaison possible de la qualité sur un petit objet, voici la basket adidas de ma fille en bas âge, numérisée avec les S, SE, SP et SLS-3. J’ai pris le temps de réaliser un rendu, car le nombre total de polygones est bien trop élevé pour un affichage temps réel.

Sur la base de cette comparaison — et de celles issues d’autres numérisations que j’ai réalisées avec tous ces scanners — je dirais que le SE représente probablement une petite amélioration par rapport au S en matière de qualité de numérisation, mais pas énorme. En revanche, je ne considère pas que la différence de qualité entre le SE et le SP soit significative. Certainement pas le double de qualité dans aucun de mes tests. Et encore une fois, j’ai numérisé dans l’obscurité totale et étalonné très souvent en suivant scrupuleusement les instructions d’étalonnage.

De plus, si le traitement étanche en High fournit plus de trois fois le nombre de polygones, il prend également au moins trois fois plus de temps et a rendu mon système instable à certaines occasions. Et bien qu’il existe quelques différences lorsque l’on observe très attentivement, je ne les qualifierais pas de significatives ni ne les jugerais dignes du temps et des ressources supplémentaires.
Par souci d’exhaustivité, j’ai aussi ajouté le résultat du HP/DAVID SLS-3, traité à « 2000 », ce qui correspond en quelque sorte à la qualité Middle de ce logiciel. Comme vous pouvez le constater, le nombre de polygones est inférieur au résultat SP/SE de qualité Highest, mais le niveau de détail réel est supérieur. Voici une vue plus rapprochée des résultats du SP (à gauche) et du SLS-3 (à droite) :

Le bout et la semelle en caoutchouc de la basket présentent des détails et une structure bien plus nets. Le SLS-3 a également réussi à capturer les coutures de meilleure façon. On distingue même de la texture sur les lacets. Le SP a mieux capturé les bandes noires sur le côté (uniquement les côtés toutefois, la partie centrale est un remplissage), mais je n’ai pas testé le SLS-3 dans l’obscurité totale comme le SP ; je ne vais donc pas affirmer que le SLS-3 ne serait pas du tout capable de capturer cette partie noire.
À ce prix, il est presque impossible d’être déçu par la qualité de la géométrie.
Tout bien considéré, je suis en réalité très enthousiasmé par la qualité géométrique des Einscan-SE et SP. J’aimerais dire que c’est la meilleure dans cette gamme de prix, mais c’est assez facile à dire puisqu’il n’existe vraiment aucun autre scanner de bureau à lumière structurée dans la gamme $1000-$2500. Je pense qu’il est préférable de dire qu’à ce prix, il est presque impossible d’être déçu par la qualité de la géométrie.
Qualité des couleurs
Le problème des couleurs est que, comme le S original, les SE et SP ne possèdent que deux caméras monochromes. Le scanner capture la couleur en projetant des images rouges, vertes et bleues sur le sujet, puis en reconstruisant les couleurs de façon inversée. Le problème de cette méthode est que la couleur verte est beaucoup plus lumineuse en projection que le rouge et, a fortiori, le bleu.
Dans l’obscurité totale, les couleurs sont plutôt réussies
Ainsi, à moins que la pièce soit totalement sombre, il ne peut pas capturer les trois couleurs et vous vous retrouvez essentiellement avec des textures teintées de magenta (qui est la couleur opposée au vert). Mais dans l’obscurité totale, les couleurs sont plutôt réussies, comme vous pouvez le voir ci-dessous (et veuillez noter que, contrairement aux tests précédents, cette basket est désormais réellement portée par une enfant en bas âge, donc la saleté est bien physique) :
https://sketchfab.com/models/0617835f6ba24438a8101b1f9fb54be7
Il faut préciser que, par défaut, toutes les textures du logiciel sont beaucoup trop sombres. Tous les exemples de ce test sont des exportations .OBJ avec une texture .JPG distincte, dont j’ai corrigé les couleurs dans Photoshop en ajustant les niveaux. Voici la texture originale et la version modifiée ; vous pouvez également constater que le dépliage UV n’est pas très efficace. Les textures ont aussi des tailles aléatoires, au lieu des variantes souhaitables 2K ou 4K. Celle-ci mesure 2901 x 2740 pixels :


Modifier les textures n’est pas difficile, et je suis heureux qu’elles soient sous-exposées plutôt que surexposées, et qu’il reste beaucoup d’informations dans les zones sombres même s’il s’agit d’un fichier .JPG. Ces textures ne sont en fait pas mauvaises pour un scanner de ce type, et certainement pas à ce prix — elles sont aussi bien meilleures que celles du S original. Voici le résultat de ce scanner (en premier), suivi du résultat du SP (en second)
https://sketchfab.com/models/fe2880f235e348de8b0cce4394412ed9
https://sketchfab.com/models/cb1f7684f3334b718cfd3c98061e020d
Je dirais que la texture est réellement exploitable pour de nombreux usages et que, pour ma part, cela valait tout à fait la peine de placer le scanner dans un carton — une sorte de mini chambre noire de développement photographique.
La texture est réellement exploitable pour de nombreux usages
Voici une autre numérisation automatique avec la plateforme rotative depuis un trépied. J’ai numérisé ce vieux pot deux fois avec 16 numérisations par cycle : d’abord orienté vers le haut, puis orienté vers le bas. Le logiciel a automatiquement fusionné correctement les deux numérisations. J’ai utilisé ici l’option de maillage non étanche, qui, étrangement, ne propose aucune option de qualité ultérieure et constitue également l’option de maillage la plus rapide.
J’ai corrigé la texture sombre non pas en modifiant la texture, mais simplement en utilisant le filtre de post-traitement Tone Mapping sur Sketchfab (Type : Lineair, Exposition : 95, Luminosité : 0, Contraste : 0, Saturation 2.2), ce qui fonctionne effectivement très bien :
https://sketchfab.com/models/1f4239ca42d043b2b0867392ad078e19
Cette combinaison consistant à réaliser deux numérisations automatiques, à les mailler sans les rendre étanches, à exporter au format OBJ, à les téléverser sur Sketchfab et à appliquer le tone mapping est un moyen très rapide d’obtenir une numérisation détaillée de qualité avec une texture correcte à partir d’un objet.
Exportation & partage
Avant d’aborder l’exportation et le partage, il est bon de savoir qu’il n’existe pas de fonction Save permettant d’enregistrer des projets dans le logiciel. Vous donnez essentiellement un nom à votre projet au démarrage d’un nouveau projet, et le logiciel crée une petite référence. Il crée ensuite simplement un fichier de profondeur et un fichier de couleur pour chaque numérisation distincte, puis les place dans le même dossier. Ce n’est pas nécessairement un problème, puisque vous n’avez pas à penser à enregistrer — chaque numérisation est toujours sauvegardée. Il est simplement judicieux d’enregistrer chaque projet dans un sous-dossier afin de garder les choses organisées.
Le logiciel n’enregistre pas non plus les résultats maillés ; vous devez donc réellement les exporter. Vous pouvez le faire aux formats .STL, .PLY et .OBJ. En choisissant ce dernier, il enregistrera également la texture sous forme de fichier .JPG.
Ce qui est pratique, c’est que les formats d’exportation sont proposés sous forme de cases à cocher ; vous avez donc la possibilité d’enregistrer plusieurs formats simultanément. Comme vous pouvez le voir, vous pouvez également exporter les données de nuage de points au format ascii (et ..)

Un bouton permet également de partager directement votre numérisation en ligne via Sketchfab — mais la fonction est un peu trop basique. Pour commencer, elle ne mémorise pas vos identifiants de connexion. Elle n’inclut pas non plus les textures lors de l’exportation, raison pour laquelle je n’ai pas utilisé la fonction de partage.
Comparaison finale
Pour terminer ce test, j’ai réalisé une numérisation avec l’EinScan-SP (second embed) du buste de Yoda imprimé en 3D que j’avais également numérisé avec l’EinScan-S original (premier embed). Dans les deux cas, j’ai effectué une numérisation Auto avec les têtes de scanner montées dans leur position par défaut (sans trépieds). Je n’ai pas utilisé la couleur pour cette comparaison, mais les deux modèles sont traités avec la qualité la plus élevée que le logiciel pouvait générer.
https://sketchfab.com/models/839374ee2983407286c31e2697083ea8
https://sketchfab.com/models/b53554464459468fba35e4831e794766
Ce qui me frappe, c’est à quel point ces numérisations sont différentes. La numérisation Einscan-S (première) compte 9M polygones et celle du SP (seconde) compte 15.5M polys, mais la première semble contenir davantage de détails tout en étant plus bruitée. La seconde est plus lisse et, en regardant attentivement, on peut même constater qu’elle a capturé les couches d’impression 3D.
Verdict
EinScan-SE
Avec l’EinScan-S original, Shining 3D a bouleversé le marché de la numérisation 3D de bureau en lançant un appareil abordable pour beaucoup et produisant des numérisations étonnamment détaillées. Son inconvénient était que l’appareil n’était pas particulièrement facile à installer et à utiliser.
Avec l’EinScan-SE, tous ces problèmes ont été corrigés tout en maintenant le prix à $1199 — soit le même prix que celui de son prédécesseur à l’origine. Le S original est toujours disponible pour $999, mais je conseillerais à chacun de dépenser les deux cents dollars supplémentaires et d’acheter le SE. Gardez à l’esprit que ces prix incluent la plateforme rotative, qui constitue souvent un achat séparé chez les autres marques.
Le SE est élégant et la plateforme rotative peut être connectée à la tête de numérisation afin de numériser de petits objets sans nécessiter de réétalonnage. Pour plus de flexibilité, la tête de numérisation est désormais équipée d’un filetage standard pour trépied. Aucun n’est fourni, mais vous pouvez obtenir un bon modèle portable d’une marque respectable comme Manfrotto pour $75. En pratique, je pense que la plupart des gens utiliseront le scanner sur un trépied, car cela permet de numériser depuis un angle vers le bas plus pertinent.
L’amélioration la plus importante de l’expérience utilisateur est peut-être le fait que l’EinScan-SE peut être connecté à un PC Windows (la prise en charge de Mac est en développement) avec un unique câble USB. À part cela, il n’y a qu’un seul câble d’alimentation. Cet appareil est véritablement prêt à l’emploi.
L’étalonnage restera toujours le talon d’Achille des scanners à lumière structurée et, bien que la plaque d’étalonnage soit désormais plus grande, elle reste fabriquée en carton mousse et doit être tournée manuellement trois fois pour l’étalonnage. L’avantage de cette méthode d’étalonnage est qu’elle règle la distance de coupure, ce qui signifie que les objets ou murs situés derrière la plateforme rotative ne seront pas capturés.
Bien que cela vous permette de placer le scanner presque partout, il préfère un emplacement sombre. La capture de géométrie des objets de couleur claire fonctionnera correctement dans des pièces faiblement éclairées, mais pour capturer des objets sombres ou capturer la couleur tout court, le scanner doit être placé dans l’obscurité totale. Cela peut être aussi simple que de placer une boîte par-dessus, mais le scanner est également suffisamment petit pour être placé dans un placard.
En matière de qualité, la précision géométrique du SE est semblable à celle du S original, mais la capture des couleurs (dans l’obscurité) produit de meilleures textures. Elles sont sombres par défaut, mais cela peut être corrigé par la suite. Ce serait très bien si cette fonction simple était intégrée au logiciel.
Le logiciel s’est amélioré depuis que j’ai testé le S, mais semble encore un peu sous-développé. Les temps de chargement intermédiaires entre les modes de numérisation sont longs, et l’interface utilisateur est fonctionnelle mais nécessite quelques mises à jour pour attirer les profils créatifs (et les futurs utilisateurs Mac). Le logiciel est globalement stable, mais le traitement de maillages étanches avec les réglages de qualité les plus élevés a fait planter mon PC pourtant très performant à plusieurs reprises.
Si vous souhaitez principalement numériser de petits objets (et occasionnellement des objets de taille moyenne), vous ne serez pas déçu.
En résumé, le S était déjà un bon scanner pour son prix, et le SE est meilleur à presque tous les égards tout en coûtant à peu près autant. Si vous souhaitez principalement numériser de petits objets (et occasionnellement des objets de taille moyenne), vous ne serez pas déçu. L’EinScan-SE offre une qualité bien supérieure à celle des capteurs de profondeur tels que le Sense 2 (Test) et le Structure Sensor (Test), et avec davantage de facilité et de rapidité que la photogrammétrie.
Tout le monde peut utiliser ce scanner ; il convient donc très bien aux débutants et à l’enseignement et, à mon avis, il est plus flexible que les solutions intégrées comme le HP Sprout (Test) (je testerai bientôt le Sprout G2) — tant en termes d’utilisation (angles de numérisation flexibles) que de budget.
Et vous n’avez pas besoin d’un PC coûteux pour utiliser ce scanner. Selon mes tests, les EinScan-SE (et SP) ne nécessitent pas réellement de carte graphique Nvidia et devraient fonctionner avec un PC d’entrée de gamme, un ordinateur portable ou une tablette Windows équipée de graphiques Intel HD ou Iris intégrés. Mais puisque les exigences du fabricant indiquent le contraire, cela reste strictement à vos propres risques.
EinScan-SP
À $2299, Shining 3D tente de combler l’écart de prix entre le SE et les EinScan-Pro (Test) et Pro+. Le scanner a une apparence similaire et ajoute des fonctionnalités (logicielles) telles que la détection des Coded Targets sur la plateforme rotative et les Marker Stickers (fournis). La nécessité réelle de ces deux fonctions dépend des objets que vous souhaitez numériser. Pour des sujets d’ingénierie à surfaces planes et de forme générique, elles peuvent s’avérer utiles, mais les algorithmes de recalage du logiciel sont si bons que je n’en ai pas eu besoin du tout. Et les Coded Targets ne fonctionnent véritablement qu’avec de très petits objets qui ne les occultent pas.
À des fins de métrologie, la précision dimensionnelle par numérisation unique ≤ 0.05 mm du SP, vérifiée en usine, peut être importante, mais pour d’autres usages (et l’axe de ce site web), elle est négligeable, car elle ne se traduit pas par une amélioration significative de la qualité du modèle 3D final.
Mais la vitesse de numérisation est indéniable. Si vous allez numériser de nombreux objets depuis plusieurs angles (le logiciel est excellent pour combiner plusieurs cycles de numérisation) ou effectuer beaucoup de numérisations manuelles, vous constaterez que le temps total de numérisation réduit du SP est très appréciable.
La vitesse seule peut justifier les $1100 supplémentaires pour les professionnels.
Même si le prix plus élevé risque de rebuter les amateurs et les enseignants, la gamme autour de ~$2K reste abordable pour les petites entreprises. Et même si vous n’avez pas réellement besoin des cibles, des marqueurs (ou de la qualité supérieure, si elle existe réellement pour des objets autres que les miens), la vitesse seule peut justifier les $1100 supplémentaires pour les professionnels. Et si le trépied ne constitue peut-être pas un argument de vente déterminant, la plaque d’étalonnage plus durable pourrait l’être.
Mais vous pourriez également acheter 2 scanners EinScan-SE pour ce prix — si vous disposez de deux PC capables (16GB RAM / 2GB VRAM).
Voilà donc mon avis sur les nouveaux scanners de Shining3D. Le seul scanner EinScan que je n’ai pas encore testé est le Pro+, mais je vous assure que je l’essaierai plus tard cette année. Les prochains seront le capteur de profondeur Orbbecc Astra S et un gadget à $89 pour la numérisation 3D sur smartphone, appelé Bevel.
Cet article a été mis à jour après sa publication afin de mieux refléter la différence de précision entre le SP et le SE.